Actualités
  Imprimer cette actualité

Cérémonie commémorative du 25 août 1945 au Siège du GROUPE LA POSTE Le 16 septembre 2022

     

Allocution de M. Philippe BAJOU

Secrétaire général du Groupe La Poste

A l’occasion de la commémoration de la Libération de Paris

30 août 2022

 

Mesdames et Messieurs les représentants des associations d’Anciens Combattants,

Mesdames et Messieurs,

 

Comme chaque année, nous sommes réunis pour célébrer la Libération de Paris, et honorer la mémoire de tous les postiers qui se sont illustrés dans ces combats.

Il y a 78 ans, le 25 août 1944, à la Gare Montparnasse, le Général VON CHOLTITZ signait la reddition sans condition de la garnison allemande, face au Général LECLERC.

Le gouverneur du Gross Paris, on s’en souvient, avait reçu d’Hitler l’ordre de détruire entièrement la capitale.

Mais -moitié par impossibilité technique, moitié par prudence- il n’a heureusement pas exécuté cet ordre criminel.

Il voyait bien que Paris serait libéré très rapidement, et que la suite serait moins défavorable pour lui s’il s’abstenait d’incendier la ville.

Et, de fait, Paris fut libéré.

Rappelons-nous : à l’annonce de l’avancée des Alliés en Normandie, une grande espérance s’était levée au sein de la population parisienne, éprouvée par quatre années d’occupation.

Cette fois, la libération était possible, elle était à la porte.

Déjà, le 14 juillet, d’importantes manifestations s’étaient produites dans la banlieue. On y avait, en divers endroits, déployé le drapeau tricolore, chanté la Marseillaise et crié « Vive DE GAULLE ».

A la prison de la Santé, les détenus politiques avaient pavoisé toutes les fenêtres !

Un mois plus tard, les bonnes nouvelles affluant du front, c’est un véritable soulèvement qui se déclencha : les cheminots se mirent en grève le 10 août, suivis par la Gendarmerie le 13 août.

Le 15 août, c’était au tour de la Police, suivie par les Postiers le 16.

La Grève générale éclata le 18 août.

Dans le même temps, le Général DE GAULLE et le Colonel ROL-TANGUY (chef des FFI), plaidaient auprès du Général EISENHOWER pour qu’une partie des forces alliées, dont il était prévu à l’origine qu’elles foncent directement vers la Ruhr, se détournent sur Paris.

Ils eurent gain de cause : EISENHOWER décida d’envoyer sur la Ville la Quatrième Division d’Infanterie et la Deuxième Division Blindée, commandée par LECLERC.

 

Car s’il est vrai que la libération de Paris n’avait pas d’importance stratégique majeure, elle avait une immense portée symbolique !

Ainsi DE GAULLE écrivait-il dans les Mémoires de Guerre :

« Paris, depuis plus de quatre ans, était le remords du monde libre. Soudain, il en devient l’aimant. Tant que le géant semblait dormir, incarcéré et stupéfié, on s’accommodait de sa formidable absence. Mais à peine le front allemand est-il percé en Normandie, que la capitale française se retrouve, tout à coup, au cœur de la politique. »

Dès lors, dans la nuit du 18 au 19, ROL-TANGUY put lancer l’ordre d’insurrection générale, affiché dans les rues au petit matin.

Il se terminait par ses mots :

« FRANCAIS, debout, tous au combat ! Vous resterez fidèles à votre passé de gloire. Redoublez d’efforts, LA VICTOIRE EST PROCHE ! »

Cet appel fut entendu !

Le 19 août au matin, 2000 policiers résistants s'emparèrent de la Préfecture de Police, hissèrent le drapeau tricolore et sur Notre-Dame et engagèrent le combat.

ROL-TANGUY vint prendre leur commandement dans la matinée et enrôla les policiers dans les FFI.

Le lendemain, ils prenaient l'Hôtel de ville.

Les accrochages, violents et dispersés dès le 19, atteignent leur maximum le 22. De sérieux combats ont lieu en particulier à la Préfecture de Police, au Sénat, au Grand Palais, autour de l'Hôtel de Ville.

Le 24 août, les premiers éléments de la Deuxième Division Blindée de LECLERC franchissent la Porte d’Orléans. Le 25, ce sont les Américains de la 4èmedivision d’infanterie qui arrivent par la Porte d’Italie.

L’État-major allemand est fait prisonnier par les FFI.

C’en est fini de quatre années d’occupation !

Pour évoquer cette période, j’avais cité l’an dernier Paul ELUARD ; je vous dirai cette année quelques vers d’un poète moins connu, André CHENNEVIERE, qui tenait à l’époque les pages littéraires de l’Humanité ;

Paris,

Ville souillée et comme morte

Où le martellement des bottes

Ecorche les trottoirs et le silence ;

Uniformes couleur de poison

Couleur de mort, couleur de plomb

Paris se tait, Paris attend :

Non en fille soumise,

Mais en ville qui se refuse,

Dans un silence dangereux et qui n’est point le sommeil.

Malheureusement, CHENNEVIERE, ne vécut pas assez longtemps pour voir la libération accomplie : membre d’un réseau de résistance (le « NAP » : Noyautage des administrations publiques), il fut tué un par un soldat allemand le 20 août 1944, devant la Gare de l’Est. Il avait 36 ans.

Je veux aussi évoquer, comme chaque année, nos prédécesseurs postiers qui prirent une part importante dans ces journées d’août 44.

Ils furent en effet près de 3000 engagés dans les combats dans toute ville.

Le 25 août, c’est le groupe de postiers résistants « Duplessis », basé au bureau de Poste de la Rue de Grenelle, qui, en soutien d’un détachement de la Deuxième DB, donna l’assaut à la chambre des Députés et hissa le drapeau tricolore, emportant le drapeau nazi en trophée.

Ce drapeau, le savez-vous, est toujours conservé à la bibliothèque historique des postes et télécommunications.

Aujourd’hui, nous saluons la Résistance postale dans son ensemble !

Rappelons-nous en effet que dès juillet 1940, un premier mouvement de résistance, nommé « Libération Nationale PTT » avait été créé, essentiellement sous l’impulsion de la CGT ; il avait été rapidement rejoint par d’autres groupes issus notamment du syndicalisme chrétien autour de la CFTC. Ce premier réseau opérait essentiellement dans les bureaux de Poste.

L’année suivante, un petit groupe de hauts-fonctionnaires du Ministère avaient créé un autre réseau interne, spécialisé dans l’espionnage, et qui agissait à partir des grands centraux téléphoniques.

L’unification de ces différentes initiatives aboutit à ce que la Poste, en 1943, se trouvât dotée d’un réseau solide et efficace, qui prit, après le débarquement le nom de « Résistance PTT ».

En reconnaissance de son action, le 16 octobre 1945, « Résistance PTT » fut citée à l’Ordre de l’Armée et décorée de la croix de guerre avec palme par le Général DE GAULLE.

Je vous donne lecture de cette citation :

Magnifique mouvement qui a groupé plus de 10.000 membres du corps des fonctionnaires et agents des P.T.T.

Dès 1940, a commencé à militer dans la clandestinité aidant au transport de documents et à la diffusion d'ordres, plus particulièrement à l'aide de postes d'émission.

A, par la suite, travaillé en liaison avec les services de renseignements, luttant contre les mouvements à caractère pro-allemand et contribuant largement au bon fonctionnement des liaisons sur l'ensemble du territoire.

Dès les premières heures de la Libération a pris une part prépondérante à la destruction des moyens de transmission de l'ennemi tout en protégeant avec succès les installations nécessaires aux forces alliées.

A payé un lourd tribut dans la lutte menée contre l'envahisseur : près de 800 tués, 1.500 déportés.

Aujourd’hui,

Nous voulons honorer la mémoire de nos morts,

Tombés lors des combats de la libération de Paris, tombés dans ses faubourgs, alors que la joie revenait sur le visage des Français,

C’est à tous ces héros que nous penserons quand la sonnerie aux morts retentira et que nos drapeaux s’inclineront.

Honorons la mémoire de tous ceux qui sont morts pour libérer la Patrie !

Je vous remercie.

PS: les photos sont disponibles dans la galerie photos





                                                                                                        Conception et réalisation © lamayonnaise.com