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Cérémonie commémorative du 8 mai 1945 au Siège du GROUPE LA POSTE Le 10 mai 2022

     

Discours de Philippe WAHL

Président-directeur général du Groupe

A l’occasion de la cérémonie commémorative

de la victoire alliée du 8 mai 1945

 

Mesdames et Messieurs les représentants des Associations d’Anciens Combattants,

Mesdames et Messieurs,

Nous voici réunis, comme tous les ans, au pied de ce monument aux morts, pour célébrer la fin de la Deuxième Guerre Mondiale.

A Berlin, il y a 77 ans, le 8 mai 1945, le Maréchal Keitel signait la capitulation sans condition du IIIème Reich, face au Maréchal Joukov.

Ainsi prenait fin, sur notre continent, le conflit le plus meurtrier qu’ait connu l’Histoire des hommes.

Il fallut attendre quatre mois pour que l’autre grande puissance de l’Axe -le Japon- signe aussi sa capitulation, le 2 septembre, sur le cuirassé Missouri.

Ces dernières années, j’ai insisté sur le caractère véritablement mondial de ce conflit, que notre imaginaire limite parfois au continent européen ;

J’ai rappelé l’importance géopolitique de la guerre sino-japonaise et de la guerre du Pacifique ;

J’ai souligné l’ampleur du sacrifice consenti par le peuple russe pour vaincre le régime hitlérien ;

J’ai souhaité aussi remettre en lumière le rôle, parfois oublié, de l’Armée d’Afrique dans la reconquête de la France.

J’ai enfin rappelé la dimension industrielle de cette guerre, et l’importance de la recherche scientifique et technologique au cours de son déroulement.

Mais cette année, bien sûr, est une année particulière, qui donne une résonnance plus grave à cette commémoration.

Car, depuis le 24 février, date de l’invasion de l’Ukraine par l’armée russe, la guerre est de retour sur notre continent : une guerre d’agression, une guerre d’annexion, une guerre fratricide.

Nul à ce jour ne peut prévoir l’issue de ce conflit.

Nul ne sait jusqu’où il pourrait nous entraîner.

Et nous vivons comme suspendus aux événements, tandis que les soldats ukrainiens résistent à l’envahisseur et que la population civile souffre sous les bombardements.

Même si ce n’est pas le lieu, ni le moment d’évoquer plus longuement ce conflit, je crois qu’il nous sera impossible de ne pas y penser durant cette cérémonie.                          

Impossible de ne pas penser au courage de ceux qui se battent, à la peine de ceux qui souffrent, au sacrifice de ceux qui sont morts, de ceux qui vont mourir.

Avec cette pensée en tête, je voudrais cette année, selon l’habitude, évoquer un épisode trop peu connu de la Deuxième Guerre Mondiale.

Il s’agit en l’occurrence de la résistance victorieuse de la Grèce, agressée, en octobre 1940, par une puissance qui présumait grandement de ses forces : l’Italie fasciste.

Ce que je veux retenir aujourd’hui, c’est que la bravoure de l’armée grecque en 1940 a marqué un tournant de la Deuxième Guerre Mondiale.

D’abord parce que la petite Grèce ralluma l’espoir, en montrant qu’il était possible de résister aux envahisseurs : ainsi la Grande-Bretagne n’était pas la seule puissance européenne à tenir tête aux puissances de l’Axe !

Ensuite, et surtout, parce que la vaillance des Grecs face à l’Italie, en obligeant l’Allemagne à intervenir au printemps 1941, retarda d’au moins six semaines l’opération « Barbarossa », c’est-à-dire l’invasion de l’URSS par l’armée allemande.

Or ce retard se révéla fatal au IIIème Reich, car il contraignit l’armée allemande à se battre pendant l'hiver russe. Elle fut dès lors incapable d’investir Moscou et son avancée vers le Caucase en fut d'autant plus retardée. On connaît la suite, qui a pour nom « Stalingrad ».

Sans la résistance grecque, le sort de toute la Guerre eût été changé !

Churchill, rendant hommage aux combattants hellènes, déclara : « Désormais, nous ne dirons pas que les Grecs combattent comme des héros, mais que les héros combattent comme des Grecs. »

Ainsi la Grèce avait-elle prouvé qu’un pays sous-estimé par un ennemi impérialiste peut surmonter ses divisions intérieures pour remporter la victoire.

Cet exemple est assurément de tous les temps.*

Mais à présent, pour nous, l’heure est au recueillement.

Aujourd’hui, nous voulons nous souvenir :

Nous souvenir des souffrances endurées par tous les peuples, en Europe, en Asie, en Afrique…

Nous voulons aussi honorer ceux qui sont morts pour la France,

Tombés en mai 40,

Tombés pendant la campagne de France,

Tombés dans les rangs des Forces françaises de l’Intérieur,

des Forces Françaises Combattantes et des Francs-Tireurs Partisans,

Tombés dans les rangs de l’Armée d’Afrique,

Tombés dans les Ardennes, dans les faubourgs de Paris, dans les rues de Strasbourg,

Soldats de la deuxième DB, soldats de De Lattre, soldats de Leclerc,

Soldats de l’ombre, tombés dans les geôles de la Gestapo, sous le fer des occupants, pour l’honneur de la France !

Aujourd’hui, nous pensons aussi à toutes les victimes civiles,

Fusillées, torturées, déportées, bombardées.

C’est à elles que nous penserons aussi quand retentira la sonnerie aux morts.

Et puisque nous sommes postiers, nous aurons tout spécialement en mémoire les réseaux « Libération Nationale PTT » et « Résistance PTT » qui, à partir de 1943, apportèrent une contribution importante au harcèlement de l’occupant.

Nous penserons aux 212 postiers résistants morts pour libérer la France.

Honorons le courage et l’abnégation des combattants,

Honorons l’héroïsme de ceux qui ont donné leur vie pour l’honneur de la France,

Honorons la mémoire de tous ceux qui sont morts pour libérer la Patrie !

PS: les photos sont disponibles dans la galerie photos





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