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Cérémonie commémorative du 8 mai 1945 au Siège du GROUPE LA POSTE Le 07 mai 2019

    
 Discours de M. Philippe WAHL 
 Président-directeur général

A l’occasion de la cérémonie commémorative

de la victoire alliée du 8 mai 1945

 

Mesdames et Messieurs les représentants des Associations d’Anciens Combattants,

Mesdames et Messieurs,

Nous voici réunis, comme tous les ans, au pied de ce monument aux morts, pour célébrer la fin de la Deuxième Guerre Mondiale.

A Berlin, il y a 74 ans, le 8 mai 1945, le Maréchal Keitel signait la capitulation sans condition du IIIème Reich, face au Maréchal Joukov.

Ainsi prenait fin, sur notre continent, le conflit le plus meurtrier qu’ait connu l’Histoire des hommes.

Il fallut attendre quatre mois pour que l’autre grande puissance de l’Axe -le Japon- signe aussi sa capitulation, le 2 septembre, sur le cuirassé Missouri.

Ces dernières années, j’ai eu l’occasion de rappeler l’échelle gigantesque des destructions humaines et matérielles qu’entraina ce conflit : de 50 à 80 millions de morts, civils et militaires, dont 25 millions de Russes et 10 millions de Chinois.

J’ai souligné également la situation particulière de notre pays, vaincu et occupé, qui parvint, par un singulier retournement, à figurer autour de la table des vainqueurs.

Oui ! Si la France a réussi à sortir victorieuse de ce conflit qui avait si mal commencé pour elle, c’est qu’un certain nombre de Français firent preuve d’une Résistance intérieure farouche et que notre « Armée d’Afrique », réorganisée en secret par des généraux obstinés, sauva l’honneur de nos armes !

Cette année, pour bien mesurer l’ampleur planétaire de ce conflit, je voudrais m’arrêter quelques instants sur le théâtre d’opération que nous n’évoquons presque jamais : l’Extrême-Orient.

La Guerre en Asie avait commencé dès 1937, avec l’invasion de la partie orientale de la Chine par l’Armée japonaise.

Alors qu’il avait escompté une victoire rapide et un contrôle total de la Chine, l’Empire japonais se trouva rapidement affronté à une guérilla incessante et à l’impossibilité de poursuivre l’invasion.

Sur ce front, le conflit s’enlisa ; et l’on peut dire qu’à certains égards, la Chine fut au Japon ce que la Russie fut à l’Allemagne.

De surcroît, le Japon connut en 1939 un cuisant revers en Mongolie, face aux troupes soviétiques commandées par un certain général Joukov, promis à un grand avenir.

En septembre 1940, l’Empire du Soleil Levant opta donc pour une alliance avec l’Allemagne nazie et pour une stratégie d’expansion vers le Sud.

Il commença par profiter de la défaite française de juin 40 pour prendre pied en Indochine, cherchant à couper ainsi l’une des routes d’approvisionnement de la guérilla chinoise.

Sur place, le général Catroux gouverneur d’Indochine, fut démis de ses fonctions par le régime de Vichy et remplacé par l’amiral Decoux, qui commença à collaborer avec les Japonais.

C’est ce même amiral Decoux qui tenta, mais sans succès, de monter une expédition jusqu’en Nouvelle Calédonie pour y mettre en place des autorités Vichystes. Car, on le sait peu, mais la Nouvelle Calédonie, avait choisi la France Libre ! Le Général Catroux, quant à lui, sur le chemin du retour en France, profita de son escale à Singapour pour fausser compagnie à son escorte et rejoindre le Général de Gaulle à Londres.

Mais reprenons le fil de l’Histoire.

A partir de décembre 1941, les Etats-Unis et la Hollande ayant décidé de couper l’approvisionnement en pétrole du Japon, ce dernier engagea une série d’attaques et de conquêtes fulgurantes : il détruisit une partie de la flotte américaine à Pearl Harbor, et surtout il s’empara des Philippines, de la Malaisie, de l’Indonésie, de la Thaïlande, de la Birmanie, de Singapour, de Hong-Kong et de nombreux archipels.

Dès lors, les Etats-Unis déclarèrent la guerre au Japon et entrèrent de plain-pied dans la guerre.

Assez rapidement, la première puissance mondiale renversa le sort des armes dans le Pacifique.

Après la bataille aéro-navale de Midway, en juin 1942, le Japon commença à reculer.

L’immensité des territoires qu’il avait conquis et les difficultés d’approvisionnement rendaient pour lui la situation intenable. Puis ce fut Guadalcanal en 1943 et la bataille gigantesque du Golfe de Leyte en 1944.

On connaît la suite : il fallut malheureusement deux bombes atomiques pour mettre un terme à cette guerre et aboutir à la capitulation japonaise en septembre 1945.

Le bilan humain en Extrême-Orient fut tout aussi effroyable qu’en Europe :

-    10 millions de morts en Chine

-    2 à 3 millions de morts au Japon

-    2 millions en Indonésie

-    500 000 aux Philippines

Quant à ses conséquences géopolitiques, elles furent considérables :

-    L’enlisement du Japon en Chine bénéficia à l’Union Soviétique, qui n’eut pas à subir de front oriental –ce qui facilita, si l’on peut dire, la victoire russe contre l’Allemagne.

-    L’invasion japonaise dans toutes les colonies européennes du Sud-Est asiatique favorisa l’éveil de mouvement nationalistes locaux, et, la décolonisation de toute cette région après la guerre. La France, en particulier, dut bientôt quitter l’Indochine.

-    Enfin, la défaite japonaise permit la proclamation de la République Populaire de Chine - l’Empire du Milieu reprenant ainsi le chemin de sa puissance  passée.

Ainsi voit-on que la Seconde Guerre Mondiale fut loin d’être une affaire seulement européenne !

Mais à présent, pour nous, l’heure est au recueillement.

Aujourd’hui, nous voulons nous souvenir :

Nous souvenir des souffrances endurées par tous les peuples, en Europe, en Asie, en Afrique…

Nous voulons aussi honorer nos morts,

Tombés en mai 40,

Tombés pendant la campagne de France,

Tombés dans les rangs des Forces françaises de l’Intérieur, des Forces Françaises Combattantes et des Francs-Tireurs Partisans,

Tombés dans les rangs de l’Armée d’Afrique,

Tombés dans les Ardennes, dans les faubourgs de Paris, dans les rues de Strasbourg,

Soldats de la deuxième DB, soldats de De Lattre, soldats de Leclerc,

Soldats de l’ombre, tombés dans les geôles de la Gestapo, sous le fer des occupants, pour l’honneur de la France !

Aujourd’hui, nous pensons aussi à toutes les victimes civiles,

Fusillées, torturées, déportées, bombardées.

C’est à elles que nous penserons aussi quand retentira la sonnerie aux morts.

Et puisque nous sommes postiers, nous aurons tout spécialement en mémoire les réseaux « Libération Nationale PTT » et « Résistance PTT » qui, à partir de 1943, apportèrent une contribution importante au harcèlement de l’occupant.

Nous penserons aux 212 postiers résistants morts pour libérer la France.

Honorons le courage et l’abnégation des combattants,

Honorons l’héroïsme de ceux qui ont donné leur vie pour l’honneur de la France,

Honorons la mémoire de tous ceux qui sont morts pour libérer la Patrie !

Et mesurons l’immense dette que nous avons contractée à l’égard de tous ceux qui se sont battus pour que nous puissions vivre.

PS: les photos seront disponible dans la galerie photos





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